Transit et Constipation en Post-Partum : conseils et ostéopathie

La constipation post-partum est fréquente après l'accouchement. Causes, conseils diététiques, posture et rôle de l'ostéopathie pour retrouver l'équilibre digestif.

Post-partum

Une des conséquences parfois très gênantes du post-partum immédiat mais aussi à long terme est la constipation. Elle est fréquente car le transit a été fortement perturbé en fin de grossesse du fait de la compression de l'intestin par l'utérus.

Quel que soit le déroulement de votre accouchement (voie basse ou césarienne, avec ou sans péridurale), celui-ci reste une épreuve physique hors du commun pour votre corps. L'accouchement va modifier certaines postures et peut ainsi créer des tensions. La perte de poids rapide, la fatigue, le port du bébé sont des modifications importantes et rapides qui peuvent entraîner toutes sortes de blocages dans l'ensemble du corps, pouvant perdurer dans le temps après l'accouchement.

Pourquoi le transit fait des siennes ?

Les causes physiques :

L'ensemble de la musculature abdominale et pelvienne est encore détendue. Pendant la grossesse, la progestérone a permis à votre utérus de se détendre et ainsi de s'adapter à la croissance de votre bébé, mais cette hormone a également détendu les tissus de vos intestins, les rendant plus paresseux. La rééquilibration hormonale peut parfois être longue.

La perturbation mécanique de l'intestin pendant l'accouchement a pu créer des zones de tension au niveau des structures voisines (utérus, diaphragme, sacrum) et donc être à l'origine d'un transit au ralenti.

Les causes psychologiques :

La peur de la douleur au niveau des zones de suture pelvienne, et l'appréhension liée à la présence d'hémorroïdes pendant la grossesse ou bien en post-partum immédiat peuvent expliquer un transit retardé.

Conseils diététiques

Des aliments riches en fibres peuvent favoriser la reprise du transit : légumes verts et salade, fruits frais, yaourts nature, céréales complètes, pruneaux.

Évitez les aliments favorisant la constipation : chocolat, amidon (riz, pomme de terre, pâtes), bananes, carottes, coings.

Buvez beaucoup d'eau, c'est la règle d'or. Si elle est riche en magnésium c'est encore mieux (Hépar par exemple). Dès le réveil, entre et pendant les repas, visez un litre et demi d'eau par jour au minimum.

Pour prévenir l'apparition d'hémorroïdes, l'utilisation de plantes à propriété veinototonique peut être une bonne alternative à la prise de médicaments : les feuilles de vigne rouge, d'hamamélis ou encore la graine et l'écorce de marronnier d'Inde. Dans tous les cas et notamment en cas d'allaitement, demandez toujours conseil à votre médecin ou sage-femme.

Conseils de posture

Veillez à vous asseoir bien droite pour permettre au diaphragme de fonctionner dans toute son amplitude, ce qui favorisera le massage des intestins et stimulera le péristaltisme (avancée du bol alimentaire par contractions des muscles intestinaux).

Bougez quotidiennement et régulièrement. L'activité physique est indispensable à un bon déroulement du transit intestinal.

Effectuez des exercices de massage interne des intestins : rentrez le ventre en soufflant à fond pendant une dizaine de secondes, à répéter plusieurs fois par jour.

Massez le ventre, en position allongée, lentement en effectuant un grand cercle dans le sens des aiguilles d'une montre (sens du transit intestinal).

Enfin, essayez de ne pas vous focaliser sur vos selles et leur fréquence. Le métabolisme de chacune est différent et les périodes de grossesse et de post-partum sont des phases de modifications physiologiques importantes.

Une prise en charge globale

En premier lieu, ne négligez surtout pas la rééducation périnéale ET abdominale faite par un kinésithérapeute ou une sage-femme. Ces séances sont très importantes dans la réduction des risques de ptose viscérale (descente des organes), immédiate et à long terme.

Un traitement ostéopathique pourra également permettre de retrouver une bonne mobilité du bassin, des lombaires, des hanches, du coccyx, du système viscéral et du diaphragme, mais surtout aidera à l'adaptation posturale globale. L'objectif n'est pas de corriger seulement les contraintes subies par le bassin pendant l'accouchement, mais de redonner un nouvel équilibre tissulaire à l'ensemble des structures mécaniques de l'axe vertébral ainsi qu'un meilleur équilibre au sein du système viscéral (estomac, intestins et diaphragme essentiellement). L'ostéopathe pourra également travailler les adhérences que peuvent laisser les césariennes ou la péridurale et qui peuvent être à l'origine de restrictions de mobilité au niveau viscéral.